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La Minute VC › Épisodes › Épisode 13

#13

Défense européenne, capital américain

26 juin 20262:09François Véron
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Stark, fabricant berlinois de drones kamikaze, vient de lever 500 millions d'euros à plus de 3,5 milliards de valorisation, deux ans après sa création. Le tour est mené par Sequoia et Founders Fund : les plus gros chèques de la souveraineté militaire européenne se signent depuis la Silicon Valley. Dans cette Minute, on regarde qui contrôle vraiment une technologie de défense quand le capital qui la met à l'échelle est américain.

Transcription

Stark, un fabricant berlinois de drones Kamikaze, fondé il y a deux ans, vient de lever 500 millions d'euros. Le tour valorise la société à plus de 3,5 milliards d'euros et il est mené par Sequoia et Founders Fund, le fonds de Peter Thiel. Plus de 80% de cet argent part dans des usines. Nouvelle ligne de production, installation de guerre électronique, capacité à sortir des milliers de systèmes autonomes par mois.

Le NATO Innovation Fund participe aussi au tour. En deux ans, cette entreprise est passée de zéro à l'un des financements en défense les plus lourds d'Europe. L'Europe parle de souveraineté militaire depuis le début de la guerre en Ukraine. Elle veut ses propres champions, ses propres chaînes d'approvisionnement, sa propre base industrielle.

Mais les chèques qui font passer ces sociétés à l'échelle viennent en grande partie des États-Unis. Deux des plus grandes signatures de la Silicon Valley financent ici un acteur central de la défense européenne. Plusieurs rapports indiquent par ailleurs que les drones de Stark auraient échoué lors d'essais récents. Cela n'a pas refroidi les investisseurs.

La valorisation repose sur une capacité industrielle promise, davantage que sur un produit déjà éprouvé au combat. En face, quelques Européens essayent de répondre. AVP et Early Bird viennent de lancer E2D, un fonds de 500 millions d'euros dédié au dual use et à la défense, précisément pour offrir une alternative au capital américain. C'est un signal, mais 500 millions face à la puissance de feu de Sequoia et de Funders fund, cela reste modeste.

Voilà la question que je me pose. Dans la défense, L'actionnariat n'est pas neutre, c'est une donnée de sécurité nationale. Qui contrôle réellement la technologie quand le fonds qui la finance, qui prend les sièges au conseil et qui pilotera la sortie est américain. Chez Newfund, nous avons une société de services en orbite, Infinite Orbits, qui travaille avec la DGA.

Nous voyons de près à quel point ces sujets de capital et de souveraineté sont sensibles. Et l'exit reste flou pour ces entreprises de défense. Qui rachètera demain un fabricant européen de drones armés ? Et avec quelles autorisations ?

C'était la Minute Newfund, à très vite pour la prochaine !

Transcription automatique de l'épisode, relue rapidement. L'audio fait foi.

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