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#14

Robots humanoïdes : la donnée avant le geste

3 juillet 20262:08François Véron
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Les robots humanoïdes ont levé près de 56 milliards de dollars sur les premiers mois de 2026, déjà près du double de toute l'année 2025. Sur le terrain, ces robots font des gestes simples et répétés, quand leur vraie valeur pour les investisseurs est ailleurs, dans les données qu'ils produisent pour entraîner l'IA. Dans cette Minute, on regarde à quoi servent vraiment les robots humanoïdes.

Transcription

Les robots humanoïdes attirent des montants de capital sans précédent. Le secteur a levé près de 56 milliards de dollars sur les seuls premiers mois de 2026, déjà près du double de ce qu'il avait réuni sur toute l'année 2025. NEURA Robotics, en Allemagne, a annoncé à elle seule jusqu'à 1,4 milliard de dollars de levée, avec Tether, Nvidia et Amazon. Ces sociétés promettent toutes la même chose, un robot à forme humaine, capable de travailler à notre place dans les usines et les entrepôts.

Ce qu'ils font aujourd'hui est en réalité beaucoup plus modeste. Le Digit, le robot d'Agility Robotics, l'un des rares à générer un vrai revenu, décharge des bacs en plastique depuis des chariots autonomes et les pose sur un tapis roulant, un seul geste répété. Il a passé le cap des 100 000 bacs déplacés dans un entrepôt de logistique en Géorgie. En France, Wandercraft, qui vient des exosquelettes médicaux, fait déjà travailler son humanoïde Calvin sur une ligne de Renault à Douai, où il porte des pneus.

Renault prévoit une dizaine de machines fin 2026, Depuis 350 fin 2027. Le reste du marché en est encore au pilote. L'intérêt des investisseurs se situe ailleurs que dans ces gestes. Le point de blocage de l'IA physique est la donnée.

Les modèles progressent vite, mais la matière première pour les entraîner manque. Il n'existe pas pour le monde réel l'équivalent d'Internet où un modèle apprendrait seul. Chaque tâche doit être montrée à la machine par un humain qui la pilote. Un robot posé sur un vrai site devient une source rare de gestes réels, captés comme le robot les vit.

Cette matière nourrit les futurs modèles du monde, les World Models. Une partie du capital va donc vers le logiciel, autant que vers le métal. En Allemagne, Sereact a levé 110 millions de dollars sans fabriquer d'humanoïdes. La société construit un cerveau logiciel, un modèle qui comprend une instruction en langage courant et l'exécute sur des bras robotisés déjà installés chez BMW ou PepsiCo.

Le marché valorise ces acteurs comme des éditeurs de logiciels. Le robot qui porte un pneu chez Renault rend un service réel, mais sa vraie valeur pour un investisseur est la donnée qu'il produit et le modèle qu'il entraîne. C'était la Minute Newfund, à très vite pour la prochaine !

Transcription automatique de l'épisode, relue rapidement. L'audio fait foi.

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