Après la chute de février, les valeurs logicielles ont regagné 41 % depuis leur point bas d'avril, et le secteur progresse de 21 % depuis fin juin contre 4 % pour le S&P 500. Les résultats du deuxième trimestre ont contredit la thèse de la saaspocalypse : l'IA se vend à l'intérieur des contrats existants, et l'unité de valeur se déplace du poste de travail vers la donnée et l'usage. Dans cette Minute, on regarde comment Salesforce, ServiceNow et deux sociétés de notre portefeuille ont répondu.
Transcription
L'indice IGV qui suit le cours de bourse des valeurs logicielles américaines a touché son point bas le 13 avril. Six mois plus tard, il a regagné 41 %, contre 21 % pour le Nasdaq. La saaspocalypse avait commencé le 3 février, quand 285 milliards de dollars se sont effacés en deux séances après la sortie des plugins métier de Claude. Nous lui avions consacré une Minute vue du terrain : un entrepreneur de notre portefeuille me racontait des clients qui renouvelaient l'abonnement mais refusaient toute extension, au motif qu'un outil d'IA à vingt euros par mois faisait déjà beaucoup.
Au deuxième trimestre, sur les seize éditeurs cotés suivis par Blossom Street Ventures, un seul était en difficulté. La croissance du chiffre d'affaires SaaS sur douze mois atteint 17,5 %, la plus forte en quinze trimestres selon Phillip Securities. Chez Datadog, les appels d'agents IA via le protocole MCP ont quadruplé en un trimestre. Le CEO d'Atlassian a expliqué à ses analystes que n'importe qui peut acheter de l'intelligence au token, alors que vingt-cinq ans de données de travail de ses clients ne s'achètent nulle part.
L'unité de valeur se déplace du poste de travail vers la donnée accumulée, les permissions, et de plus en plus l'usage. Salesforce et ServiceNow ont subi la même chute et ont répondu différemment. Salesforce, dont l'action avait perdu 43 % entre janvier et juin, a signé une alliance avec Anthropic : Claude devient le moteur de raisonnement d'Agentforce, et un plugin « Salesforce dans Claude » rend le CRM accessible depuis l'outil même qui avait déclenché la panique. ServiceNow a choisi la couche de contrôle : son IA est embarquée dans tous ses produits, et la société a racheté Moveworks, Armis et Veza pour gouverner les agents utilisés, quel que soit le modèle.
Ses trimestres battent les attentes les uns après les autres. L'action vaut pourtant 23 % de moins qu'il y a un an. Dans le portefeuille Newfund, Wizville a sorti fin septembre un serveur MCP qui permet aux assistants IA de ses clients d'interroger directement ses énormes quantités de données de satisfaction client. Aircall vend des agents vocaux facturés à la minute consommée, là où la téléphonie se vendait au poste de travail : l'agent IA est devenu un client de son infrastructure.
Le rebond boursier tient pour une part à des multiples qui remontent sans que les bénéfices attendus aient beaucoup changé. La saison des résultats du troisième trimestre, qui s'ouvre cette semaine, dira si l'IA facturée à l'usage compense durablement les postes de travail qui ne s'étendent plus. C'était la Minute Newfund. À très vite, pour la prochaine !
Transcription automatique de l'épisode, relue rapidement. L'audio fait foi.