Près de la moitié des gérants de fonds de private equity utilisent désormais des prêts adossés à la valeur nette de leur fonds pour distribuer du cash aux LPs. Le mécanisme améliore le DPI sur le papier, mais le prêteur passe avant le LP dans la cascade de paiements. Dans cette Minute, on examine comment distinguer une vraie distribution d'une avance sur recette.
Transcription
En 2026, 46% des GPs, les gérants de fonds de private equity, déclarent utiliser des NAV facilities, des lignes de crédit adossées à la valeur nette d'actifs de leurs fonds, la Net Asset Value, ou donc NAV. On dit aussi NAV Financing ou NAV Lending. Le montant est le double de l'année précédente. Trois quarts des grands fonds mondiaux en ont fait l'usage au moins une fois.
Le marché n'est pas simple à évoluer, mais on peut retenir une fourchette entre 50 et 100 milliards de dollars de volume annuel. Le mécanisme est facile à décrire. Le GP emprunte auprès d'un prêteur spécialisé en antissant le portefeuille du fonds. Avec le cash obtenu, il distribue à ses souscripteurs, à ses LP's.
Sur le relevé trimestriel, le DPI du fonds progresse, le LP reçoit un virement et passe au relevé suivant. Pourtant, ce cash provient d'un emprunt adossé au portefeuille du fonds. Le prêteur NAV est senior dans la structure. Si les actifs sous-jacents perdent de la valeur, il est remboursé en priorité avant les LP's.
La distribution qui semblait rassurante a en réalité subordonné le LP à un créancier qui n'a pas choisi. Le nantissement est croisé sur l'ensemble du portefeuille. Un problème sur un seul actif peut contaminer la structure entière. Et en plus, les taux d'intérêt versés n'ont rien de bas.
Certains GPs utilisent le NAP financing de manière légitime, pour financer une acquisition complémentaire dans une participation ou pour faire un pont vers une sortie imminente. Le problème survient quand le seul objectif est de lisser le DPI pour faciliter la levée du fonds suivant. Le LP reçoit du cash, mais ce cash est une avance sur des sessions qui n'ont pas encore eu lieu. Si ces sessions ne se réalisent pas aux conditions prévues, c'est le LP qui absorbe l'écart.
L'ELPA, l'association qui représente les LPs au niveau mondial, a publié des recommandations en 2024 pour exiger plus de transparence sur ces opérations. Les souscripteurs eux-mêmes commencent à s'interroger sur ce qu'ils lisent dans leurs relevés. Chez Newfund, nous sommes du côté vici de la barrière et nous ne recourons pas au NAV financing. Mais la question concerne nos propres LPs dans leurs autres allocations.
Quand ils reçoivent une distribution d'un fonds de private equity, savent-ils si c'est le produit d'une vente ? ou celui d'un emprunt. C'était la Minute Newfund, à la semaine prochaine !
Transcription automatique de l'épisode, relue rapidement. L'audio fait foi.