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#5

Private debt : les craquements et le VC

6 mai 20262:07François Véron
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Le crédit privé pèse 3 500 milliards de dollars et finance 80% des rachats par effet de levier : ses difficultés touchent toute la chaîne d'investissement, du PE au VC. Medallia cédée aux créanciers, Blue Owl qui plafonne les retraits, 20 milliards de demandes de rachat en un trimestre : les premiers craquements sont concrets. Dans cette Minute, on déroule le fil du crédit privé jusqu'au venture capital.

Transcription

Le crédit privé pèse 3 500 milliards de dollars dans le monde. En une décennie, les banques se sont retirées du prêt aux entreprises sous LBO et des fonds spécialisés ont pris la place. Ils financent environ 80 % des rachats par effet de levier. Une bonne partie de cet argent vient désormais d'investisseurs particuliers, attirés par des rendements supérieurs au marché liquide et qui n'ont pas toujours mesuré qu'ils ne pourraient pas récupérer leur mise quand ils le voudraient.

Ken Griffin, le fondateur de Citadel, l'a dit cette semaine au Financial Times. Est-ce que ces investisseurs ont vraiment compris dans quoi ils mettaient leur argent ? Jamie Dimon, dans sa lettre annuelle aux actionnaires de JP Morgan, ajoute que les standards de prêts se sont dégradés et que les pertes seront plus élevées que prévues quand le cycle tournera. En conférence à Oslo, il a été plus direct.

Parmi les plus de 1 000 fonds de crédit privé, certains sont peut-être brillants, mais il garantit qu'ils ne le sont pas tous. Thomas Bravo est le plus gros acheteur de logiciels en private equity. En 2021, au sommet du cycle, il a racheté Medalia pour 6,4 milliards de dollars. Medalia, fondée en 2001, est le leader historique du logiciel d'expérience client.

Le rachat a été largement financé par la dette. La croissance a calé, les intérêts ont explosé avec la hausse des taux et Medalia ne génère plus assez pour couvrir le service de sa dette. Thomas Bravo s'apprête à céder le contrôle aux créanciers. Blue Owl Capital, de son côté, a plafonné les retraits de ses deux fonds phares Trop de prêts à des éditeurs logiciels menacés par l'IA, trop de demandes de rachats simultanées.

Chez Newfund, nous ne prêtons pas en crédit privé. Mais nos LPI en détiennent dans d'autres poches de leur allocation. Et les fonds de PI qui rachètent des entreprises en dépendent pour financer leur LBO. La semaine dernière, nous parlions du navlending, des distributions financées par la dette.

Quand les prêteurs eux-mêmes voient leurs investisseurs exiger la sortie, c'est toute la liquidité de la chaîne PI et VC qui se grippe. C'était la Minute Newfund, à la semaine prochaine.

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