La valeur d'une start-up tient à son projet, à ses fondateurs, à son time to market, mais aussi à la qualité de l'écosystème qui l'entoure. Pression à la réussite, circulation des talents, succès qui essaiment : cette mécanique s'accumule sur des décennies. Dans cette Minute, on examine ce qui fait la valeur d'un écosystème, et ce qui manque encore à l'Europe.
Transcription
La valeur d'une startup tient à son projet, à son équipe de fondateurs, à son time to market. Un quatrième facteur pèse autant que les trois autres, et il n'appartient pas à l'entreprise. C'est la qualité de l'écosystème dans laquelle elle a grandi. D'où le titre de cette minute emprunté à la campagne Clinton de 1992, « It's the ecosystem, stupid » .
Un écosystème, c'est d'abord une pression positive à la réussite. Aux Etats-Unis, Les études des enfants coûtent plus de 80 000 dollars par an dans les grandes universités, l'assurance santé dépend de l'employeur, le succès est donc une obligation matérielle. Ce sens de l'urgence est indispensable au démarrage. Le passage à l'échelle demande autre chose, la capacité à piocher dans un vaste pool de talents.
La Californie rend les clauses de nos concurrences inapplicables depuis 1872, chaque recrutement y devient un transfert de compétences immédiat et les Silicon Valley doit une partie de son avance sur la côte Est à cette règle. Cela vaut jusqu'aux dirigeants. Remplacer un fondateur ou un CEO en situation de succès reste un tabou en Europe. C'est pourtant une condition de la croissance forte et durable, car chacun finit par s'épuiser.
Un écosystème se nourrit ensuite de ses succès. Les anciens des sociétés qui ont réussi SM encadrent la génération suivante, financent les premiers tours comme la PayPal Mafia l'a fait il y a 20 ans. Des exits alimentent cette mécanique. L'IPO de SpaceX le 12 juin dernier, la plus grosse de l'histoire, va rendre liquide des milliers d'employés et d'investisseurs des premiers tours qui iront irriguer l'écosystème américain.
Cette IPO illustre aussi une tension féconde du système US. D'un côté, les rêveurs de la Silicon Valley qui veulent coloniser Mars. De l'autre, les profils plus financiers de Wall Street, théoriquement attachés aux chiffres trimestriels. En entrant en bourse, Space X soumet ses rêves à la discipline des analystes et Wall Street accepte en retour de valoriser une promesse à 1750 milliards de dollars.
L'appétit de profit remettra-t-il en cause les repères de chacun ? Vu d'Europe, où les IPO du premier semestre ont levé 7,2 milliards d'euros contre 129 milliards de dollars pour le seul Nasdaq, ce débat fait envie. Il suppose des succès assez grands pour le nourrir. C'était la Minute New Femme.
A très vite pour la prochaine.
Transcription automatique de l'épisode, relue rapidement. L'audio fait foi.