Le taux à 30 ans américain a atteint 5,24% début août, son plus haut niveau depuis 2007, alors que la Fed baisse ses taux directeurs depuis un an.
Le private equity finance sa dette sur les taux courts qui baissent, le venture valorise ses flux sur les taux longs qui montent.
Dans cette Minute, on examine ce que ces taux longs durablement élevés changent pour les deux métiers.
Transcription
Le 29 juillet, la Réserve fédérale américaine a laissé ses taux directeurs inchangés, entre 3,50 et 3,75%. Dans les jours qui ont suivi, le taux à 30 ans du Trésor américain a atteint 5,24%, son plus haut niveau depuis 2007. La Fed a pourtant baissé ses taux depuis un an. La hausse vient des taux longs, ceux que fixe le marché obligataire.
La Fed contrôle le prix de l'argent à court terme, le marché fixe le prix à long terme. Ce prix intègre aujourd'hui trois inquiétudes : une inflation sous-jacente encore à 3,3% sur un an (indice PCE de juin, hors énergie et alimentation), des déficits publics américains qui ne se réduisent pas, et une banque centrale moins lisible depuis l'arrivée de Kevin Warsh, qui assume de donner moins d'indications sur sa trajectoire. Lors de la réunion de juillet, trois membres du comité ont voté pour une hausse des taux, une première depuis 2016. Les investisseurs exigent de nouveau, pour prêter à 30 ans à l'État américain, une prime qu'ils n'avaient plus demandée depuis vingt ans.
Le private equity vit les deux mouvements à la fois. La dette d'acquisition se finance sur les taux courts, qui baissent : de ce côté, le métier respire. Mais les multiples de sortie et les valorisations s'actualisent sur les taux longs, qui montent. Selon le cabinet Valuation Research, les volumes de transactions du private equity en juin sont en repli de 5,6% par rapport à juin 2025, les durées de détention s'allongent, et les levées de nouveaux fonds ont fortement ralenti au premier trimestre.
Le venture investit sans dette, l'effet des taux passe par deux autres canaux. Le premier est la valorisation : la valeur d'une startup repose sur des flux de trésorerie éloignés dans le temps, et quand l'argent sans risque rapporte plus de 5% sur 30 ans, chaque point de taux long comprime la valeur présente de ces flux. Le second est l'allocation des LPs : un fonds bloqué dix ans doit désormais battre nettement l'obligataire pour justifier son illiquidité. P.
Morgan, très concentré sur l'IA, et un financement devenu difficile pour le reste. Chez Newfund, nous investissons tôt, à un horizon où la valeur se construit sur dix ans. À cette échéance, le niveau des taux compte moins que la discipline sur les prix d'entrée. Le marché de l'IA ne pratique pas cette discipline aujourd'hui.
C'était la Minute Newfund. À très vite, pour la prochaine !
Transcription automatique de l'épisode, relue rapidement. L'audio fait foi.